Comité de Direction du 18/01 à la SocGen -

1022008

p745704d547246gpx470wouestfrance.jpg

Je ne résiste pas au plaisir de vous faire goûter au compte rendu du comité de direction  de la SocGen du 18 Janvier. Bien sûr il s’agit d’une fiction. Mais quelques fois la réalité ne dépasse-t-elle la fiction ?

Bon, les gars, on déconne, on déconne, mais on s’éloigne des vrais problèmes. Qui veut un calva ? J’ai du 80 ans d’âge que je fais venir directement de la ferme. Une rareté. – Qui a pris les cigares ? Jean-Eudes, faites pas le rat, renvoyez les havanes par ici. – Messieurs ! Quand vous aurez fini de vous torcher, on en reviendra au sujet du jour. Où est Roger ?

- Aux toilettes, monsieur le président, il a du mal à digérer la purée de céleri.

- Bon, puisque notre directeur financier est malade, je vais moi-même rentrer dans le sujet. Peuf… Peuf… (il allume un cigare). Messieurs, comme je le disais, l’heure est grave. Merci pour le calva, Pierre-Henri. Les calculs faits par ma stagiaire cette nuit montrent que nous avons perdu entre 5 et 9 milliards par la faute de ces gros ploucs d’amerloques. – Font chier, ces yankees. On ne peut plus faire confiance à personne ! – Silence, Charles-Edouard ! Il est trop tard pour nous lancer dans une analyse de risques approfondie. La question du jour est : qui va porter le chapeau ?

Silence général. Tout le monde se regarde bizarrement. –

Non, ne vous inquiétez pas, on n’en est pas encore à foutre des cadres dirigeants à la porte. Le plan social, on le fera sur les guichetiers, faut pas que déconner. Non, mais sérieusement, faut trouver un clampin à faire dégager rapido. De préférence, un qu’aucun d’entre nous ne connaît, histoire de dire qu’on n’était pas au courant. – Oui, monsieur le président, mais qui ? – Je sais pas moi, je suis pas là pout tout faire, non plus. Y a personne que vous voulez virer ? Un trou de balle, un minus, mais avec une bonne gueule de psychopathe, qu’on pourrait montrer à la télé en disant « tout est de sa faute » ? – Oui, comme les anciens hébreux chargeaient un bouc de leurs péchés avant de l’envoyer dans le désert… – Charles-Hubert, vous nous les pétez menu avec vos histoires de cureton. C’est pas parce que vous avez passé 15 ans chez les jèzes qu’il faut la ramener à chaque codir. La dernière fois, c’était Saint-Paul à Damas pour illustrer le moment où Bernanke a compris qu’il était dans la merde, et la prochaine fois, vous nous faites quoi ? Sodome et Gomorrhe ? Le Déluge ? Allez, on y va, on me donne un nom.

- Mais, président, on ne les connaît pas, les noms des collaborateurs. On leur parle à peine, et encore, seulement pour les engueuler.

- Bon, OK, je vois, c’est encore moi qui vais tout faire. Pierre-Matthieu, passez-moi votre portable. Le trombi de la boîte, il est où ?

- Ici, monsieur le président. – Putain, ces tronches de tarés qu’ils ont ! Eh, aux RH, vous avez jamais pensé à donner des consignes, genre « éviter d’embaucher des demeurés » ? Bon, on va pas s’en sortir, je clique au hasard… Tiens, celui-là, Bernard Hurningh, vos en dites quoi ?

- Il est conseiller clientèle à Dôle, monsieur, personne ne croira jamais qu’on a perdu 5 milliards à cause de lui.

- Même en magouillant avec la Suisse ?

- C’est plus ce que c’était, monsieur, la Suisse. Le secret bancaire n’est même plus garanti, ils seraient foutus de nous prouver qu’on raconte des craques.

- Mouais, va falloir taper dans le lourd. Celui-là, Marc Brice, à votre avis ?

- Directeur financier d’une sous-filiale spécialisée dans le prêt agricole, monsieur. C’est la bourse qui craque, pas le marché du purin.

- Faites le malin, Jean-Edouard, foutez-vous de ma gueule. Bon, celui-là, il a une vraie tronche de vainqueur. C’est mon dernier mot, vous vous sortez les doigts du cul et vous me le mouillez à mort. Jean-Gui, en tant qu’ancien membre du cabinet de l’Elysée sous Mitterrand, les barbouzeries, ça vous connaît, non ? – Oui, on peut magouiller un peu le système informatique, histoire de faire croire qu’il nous a truandés. Faites voir le nom ? – Kerviel, Jérôme Kerviel. Encore un de ces petits merdeux qui croient qu’ils vont devenir riches parce qu’ils passent des ordres de bourse toute la journée sur leur écran. On dirait des hamsters sous acides, ces branleurs. Allez, celui-là paiera pour les autres.

- Mais, monsieur, 5 milliards sur le dos de ce trou de balle, personne n’y croira jamais !

- Je vous signale, mon petit Charles-Edouard, 80% des français se sont déplacés il y a un peu plus de six mois pour départager une dinde hystérique, et un velléitaire complexé par sa taille, alors vous savez, le sens critique de ces glandus… Bon, on y va. Plan média, bidonnage informatique, communiqué de presse, plan social en backup, je veux tout ça sur mon bureau demain matin. Et vous me supprimerez le coupon de cette année, ça fera les pieds à ces connards d’actionnaires. Quelqu’un reveut du champ’, on va se saouler la gueule pour fêter ça…

Reconnaissez que ça fait vraisemblable !




Bicot et Nicot

8012008

nicot.jpg 

« Crée par Martin Branner . Cet auteur devient célèbre avec Perry et Winnie, qui sera traduit sous le titre de « Bicot et Suzy » qui est publié en France en 1926 . Martin Branner dessinera les aventures de Bicot jusqu’en 1962. Il confie alors son héros à son assistant, Max Van Ribber.Dans les années 30. Bicot est issu d’une famille riche, comprenant Onésime, son vieux père débonnaire, vétéran de La Première Guerre Mondiale, sa mère, et sa sœur Suzy, jeune femme de la bougeoisie et des milieux mondains américains. Bicot, lui, n’aime pas ce monde et lui préfère la rue, et ses principaux amis sont trois habitants des quartiers pauvres, Auguste (reconnaissable a son pantalon trop grand et son énorme chapeau), Julot (reconnaissable a ses vêtements rayés) et Ernest (un grand asiatique maigre). Ces quatre compères vont fonder le « Club des Rantanplan ». Le principal objectif de ces quatre amis est de gagner de l’argent pour développer le club. »  

Wikipedia.

J‘ai retrouvé dans ce texte un parfum de jeunesse. Bicot était une bande dessinée démagogique mais tellement sympathique avec ce héros qui tient à tout prix à ressembler à ses camarades issus de famille modestes. Je ne me doutais pas que la réalité dépasserait un jour l’Histoire. Mon esprit, mal tourné sans doute, m’a conduit à faire un parallèle entre Bicot et Nicot. Mais je n’aurais jamais songé que les personnages collaient si bien entre eux. Le côté « issu d’une famille riche », et aussi celui qui fait dire a 47% des Français (plus 53) « il parle comme nous », et enfin l’objectif qui est de remplir la caisse…de son club, sont autant de points de similitude. Martin Branner, dessinateur bien pensant d’une amérique en pleine débine, décrivait avec beaucoup d’humour la société dans laquelle son pays était plongé. Mais arrêtons là les comparaisons, celà risque de m’amener à faire un parrallèle avec Hergé profondément anti communiste, son héros Tintin qui passe son temps à courrir le monde, et qui vous savez.




Hubert

1012008

48390.jpg 

Le 29 décembre est une date que je respecte intérieurement depuis 1998. C’est le jour de la disparition de mon copain Hubert Deschamps. Je l’ai connu en 1961 alors que je faisais la tournée des boites de Saint germain des prés. C’était « Au trou madame » une sorte de bar/boite dansant à l’allure de cave aménagée comme cela se faisait à l’époque. Il était au bar avec Fernand Raynaud qu’il connaissait bien et racontait à qui voulait l’entendre des histoires toutes plus rocambolesques les unes que les autres. On a pris un verre ensemble, et nous avions pris l’habitude de nous retrouver de façon épisodique pour écumer les bars de Saint Germain. Il venait de terminer « Zazie dans le métro » et il ne cachait pas le côté alimentaire de certains de ses rôles. Malgré cela il tournera dans 187 films avec les plus grands. Il aura aussi une belle carrière théâtrale et il sévissait accessoirement dans les cabarets, source de ses aspirations premières. Bref mon Hubert, connu mais pas célèbre. Il était pourtant incontournable, et sa tête de cocker malheureux qu’il affectionnait à la fin de sa carrière en ont fait rire plus d’un. Notre rencontre a été éphémère, la grande différence d’âge y était aussi pour quelque chose. Il changea de quartier, et je le perdais de vue. C’était ainsi dans le Paris des années 60, on déplaçait notre intérêt de quartier en quartier, en brûlant ce qu’on avait adoré, et en adorant ce que nous avions brûlé. De toute cette agitation stérile de ma jeunesse je garde malgré tout intacte l’image de mon copain Hubert, et de nos virées dans le quartier latin de 1961. Salut l’artiste. Attends moi au bar du paradis. 







MY SECRETS |
melimelo |
francesondage |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Mascara
| ARBIA
| hors-micro