Maladies à vendre : la DMLA

22 11 2011

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La nouveauté en matière médicale ne vient plus des produits issus de la recherche, mais des maladies connues dont on fait la promotion.
Il suffit d’instiller le doute chez un patient pour réveiller chez lui son hypocontriatrie et de lui présenter habilement une maladie à grand renfort de pub, pour ensuite lui indiquer qu’il existe des solutions et en terminant par « parlez-en à votre médecin »
Le piège vient de se refermer et les cabinets médicaux ne vont plus désemplir.
Deux exemples de maladies existantes et déjà largement soignées, mais qui ont fait l’objet d’une attention toute particulière des laboratoires : la spondylarthrite ankylosante, et la dégénérescence maculaire liée à l âge (DMLA).
De nouvelles maladies ? Que nenni. Des maladies déjà bien connues et recensées que l’on remet au goût du jour.
L’une la DMLA touche 3000 personnes en France et elle en fait flipper 60 millions. L’autre la fameuse spondylarthrite toucherait 200 000 personnes, mais le chiffre est au conditionnel, car on ne sait pas vraiment qui en est porteur, et la confusion entre le simple mal de dos et la maladie est courante.
Où est le loup me direz vous ?
Eh bien dans la démarche elle-même, qui précipite chez le médecin des millions de gens qui se croient atteints et qui réclament un traitement qu’on leur a promis par voie de publicité désintéressée.
Si l’on creuse un peu on s’aperçoit que la campagne de pub de la DMLA est en partenariat avec Novartis un groupe pharmaceutique suisse basé à Bâle. De là a penser que Novartis est partie prenante il n’y a pas loin d’autant plus que l’on peut lire sur le site de doctissimo « Le principal médicament utilisé dans ce cadre, le rabinizumab (Lucentis ®) développé par la firme Genentech et distribué en Europe par Novartis, »
Pas innocent le message puisque la piqûre de rabinizumab coûte 1100 euros alors que d’autres traitements ayant fait preuve d’efficacité se vendent 50 euros
On appelle ça des « maladies à vendre »
La recette est dans l’énoncé
Prenez une bonne vieille maladie pas trop courante, mais dont les symptômes le sont.
Faites une campagne de pub à caractère préventif
Harcelez les praticiens avec l’appui des visiteurs médicaux.
Proposez-leur le médoc miracle.
Ramassez le pognon à la pelle même si vous soignez des orgelets avec.

C’est simple il suffisait d’y penser !
Après le scandale des laboratoires Servier qui ont volontairement déclassé certains de leurs Médocs, ou ignoré purement et simplement certains effets secondaires, les laboratoires ne cherchent plus, ils tentent de rentabiliser. La tentation d’ajuster la maladie aux spécialités des laboratoires pharmaceutiques était trop grande. Cela évite la coûteuse recherche et ça peut rapporter gros, très gros.
Des millions d’euros ou dix ans de tôle.


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3 réponses à “Maladies à vendre : la DMLA”

  1. 20 12 2011
    alain (03:14:35) :

    Salut Gilbert
    D’après la revue « prescrire » la moitié des médicaments ne sert à rien…
    Tu vas bien ?

  2. 2 05 2012
    ameli (15:22:03) :

    Bonjour,
    Pouvez vous expliquer pourquoi la moitié des médicaments ne sert à rien? merci

  3. 3 05 2012
    gilbert (14:20:24) :

    Je pense que vous faites allusion au commentaire de Alain.

    Il faudrait avoir plus de précisions aller sur son blog. L’article est ancien et il n’est pas forcément au courant de votre question.

    Toutefois j’ai trouvé ça dans la revue « Prescrire »
    Médicaments inutiles ou trop dangereux : déremboursement bienvenu
    Fin 2011, plusieurs dizaines de médicaments ont été déremboursés en raison de leur absence d’intérêt thérapeutique ou de leur danger disproportionné par rapport à leur efficacité.
    En France, le 1er décembre 2011, plusieurs médicaments ont été déremboursés, en raison d’une absence d’intérêt clinique démontré ou d’une balance bénéfices-risques incertaine voire défavorable.
    Le déremboursement de ces médicaments est un moyen de limiter leur usage, voire d’inciter les firmes à cesser leur commercialisation. C’est un palliatif à certaines insuffisances des agences du médicament (française ou européenne) qui maintiennent sur le marché des médicaments à balance bénéfices-risques défavorable, tels la quinine dans les crampes ou le nimésulide.
    Le déremboursement de ces médicaments ne relève pas d’une mesure d’économie motivée par les difficultés de l’assurance maladie, mais d’une mesure prise dans l’intérêt des patients.
    En pratique, les patients peuvent aisément se passer de ces médicaments, dont il existe des alternatives à balance bénéfices-risques plus favorable.

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